Concert du samedi 28 octobre 2017
chapelle de La Charité 20h30

O vos omnes

Chants sacrés dans l'Italie de tradition orale
 

Quartetto Urbano

Germana Mastropasqua - Flaviana Rossi - Michele Manca - Xavier Rebut

Le Quartetto Urbano est un quatuor vocal né à Rome en 2000 formé par Germana Mastropasqua, Flaviana Rossi, Michel Manca et par Xavier Rebut qui en est aussi le directeur musical. L’ensemble développe son travail de création autour de la musique vocale italienne de tradition orale et donne voix aux compositions de Xavier Rebut, empreintes de ses recherches sur les sonorités des univers traditionnels, et de la longue collaboration avec Giovanna Marini et sa musique. Les concerts « Polyphonies clandestines » et « O vos omnes » sont les dernières créations en date. L’ensemble a de nombreux concerts et enregistrements à son actif, voyages à travers les thèmes liés à la tradition orale : chants de travail, chants de fêtes, chants sacrés, poésie populaire, chants de la Résistance, de la mémoire chantée de l’Histoire italienne, chants de migrations. Il a également créé deux oratorios de Giovanna Marini dédiés aux poètes Leopardi et Montale.

Faire connaissance avec le Quartetto Urbano
Le site de Xavier Rebut

 

Le programme
 

La basilique se remplit. Les ors, les marbres, les fresques et les mosaïques résonnent des voix des chanteurs – des solistes et des chœurs formés par ceux qui sont présents. Les sons ricochent, ceux des musiques et bruits des convois de statues, des objets de la passion : chaînes, fers et bois. Ils sont relayés par une acoustique qui ne demande qu’à être habitée par cette vie-là. La procession s’arrête avant de repartir, la foule est au rendez-vous. Le rite a lieu, rite paraliturgique et aux racines païennes; le théâtre de la religion exprime le festoiement de ses couleurs, la banda (la fanfare) attend à la porte pour reprendre son répertoire en marchant: nous sommes dans un village d'Italie du sud…

La musique sacrée de tradition orale en Italie est empreinte d’une expression baroque de la religiosité. De la Sicile à l’Ombrie en passant par Naples et le Latium, et en remontant jusqu’en Ligurie, les répertoires bien vivants des chants des confréries et des porteurs et porteuses de cette mémoire antique, se répartissent le long de la péninsule, si forts et émouvants que l’envie de chanter nous tient nous aussi.

 

Ce répertoire est le fruit d’un collectage sur le terrain au cours de nombreuses années aux côtés de Giovanna Marini, grande dame de la musique italienne, et fruit aussi de recherches d’archives sonores; le Quartetto Urbano le pratique comme autant de morceaux d’histoires des gens et des lieux rencontrés et sait le faire dialoguer avec la musique écrite, ancienne ou contemporaine.

Des chants aux harmonies uniques, dues à l’union des différents timbres des voix, colorées, aux sons souvent non-tempérés, où l’on retrouve la trace des premières polyphonies et celle du madrigal ; sons témoins de cultures qui se croisent, celle de l’écrit et celle de l’oral en premier lieu. D’un chant traditionnel de la passion de la Campanie se rapproche l’écriture d’un Monteverdi ou d’un Gesulado : « O vos omnes », ô vous tous qui passez par ce chemin!, clame Jérémie dans ses Lamentations - les mêmes que chantent les pêcheurs d’un petit village du Gargano, le promontoire des Pouilles. Ce programme restitue le lien au sacré populaire dans son expression baroque et bien italienne de la polyphonie.

Le Quartetto Urbano habite l’espace du concert, fait résonner le lieu de ses voix et emmène le public dans un voyage sonore à travers l’Italie, populaire car appartenant à tous, riche de langues, de diversités, d’Histoire et de cultures entremêlées.

 

Un mot de Sarabande
C’est à Arles que nous avons rencontré Germana et Xavier depuis quelques temps déjà… Le concert de musique napolitaine qu’ils ont donné à Tarascon en mai dernier, en compagnie du choeur et de l’orchestre du département de musique ancienne du Conservatoire du pays et de l’ensemble vocal «Voci in campo» a reçu un magnifique accueil d’un public nombreux. Leur générosité, leur dynamisme, leur passion pour ce répertoire populaire, qu’il connaissent parfaitement et qu’ils vivent et partagent sur scène, se sont communiqués à chaque instant du concert. Conquis, nous leur avons demandé de venir chanter leur répertoire religieux au festival… Une tradition qui vit et revit dans le temps de la conviction partagée du concert.